Vous êtes fous d"avaler ça - Christophe Brusset
Dossiers Alimentation et Santé

Vous êtes fous d’avaler ça ! Christophe Brusset

Vous êtes fous d’avaler ça ! – Christophe Brusset

Vous êtes fous d'avaler ça - Christophe Brusset

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Je vous propose un résumé des différents points importants du livre “Vous êtes fous d’avaler ça” de Christophe Brusset, paru aux Éditions Flammarion en septembre 2015.

RÉSUMÉ

“Matières premières avariées, marchandises trafiquées, contrôles d’hygiène contournés, Christophe Brusset dénonce les multiples dérives dont il est, depuis vingt ans, le complice ou le témoin dans les coulisses de l’industrie agroalimentaire. Ingénieur de haut niveau devenu dirigeant au sein de groupes internationaux, à 44 ans, il a décidé de “faire aujourd’hui son devoir” et de briser la loi du silence.

Piment indien rempli de crottes de souris, thé vert de Chine bourré de pesticides, faux safran marocain, viande de cheval transformée en bœuf, confiture de fraises sans fraises, origan coupé aux feuilles d’olivier, etc. Les arnaques qu’il révèle sont nombreuses mais ses conseils rassemblés dans son “guide de survie en magasin” devraient vous permettre d’en déjouer la plupart.

Christophe Brusset raconte la course de vitesse planétaire entre fraudeurs pour fournir aux industriels des matières premières toujours moins chères. Son récit effarant est une plongée saisissante et pleine d’humour dans un monde souvent sans foi ni loi.

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SOMMAIRE

  • Prologue – Consommateurs, c’est vous qui avez le pouvoir !
  • 1 – Bienvenue dans le monde merveilleux de l’agroalimentaire
  • 2 – Le péril jaune !
  • 3 – Berner le con… sommateur
  • 4 – Bon poids, mon œil
  • 5 – En faire tout un frauxmage !
  • 6 – Additif mon ami
  • 7 – Enfumage au royaume de l’andouille
  • 8 – Périlleuses mises en boîte
  • 9 – Repeindre la vie en rose
  • 10 – Devinez l’âge du capitaine ?
  • 11 – À malin, malin et demi
  • 12 – Des maisons pour les Schtroumpfs
  • 13 – Piquantes histoires de fèces
  • 14 – Rouge comme une tomate ?
  • 15 – Le pays où coulent le lait mélaminé et le miel frelaté
  • 16 – Sur la piste du poivre épuisé
  • 17 – Un piment trop rouge pour être honnête
  • 18 – L’invasion des bêtes à bon Dieu
  • 19 – De la bonne herbe… à pizza
  • 20 – Le safran, reine des épices
  • 21 – On s’occupe de vos oignons
  • 22 – Il est passé par ici, il repassera par là
  • 23 – Trois cents tonnes de pes-thé-cides
  • 24 – S.O.S. Vormischung !
  • 25 – Chasse aux gaspis version industrielle
  • 26 – La lucrative technique du glazing
  • 27 – De la confiture de fraises sans fraises !
  • 28 – Délocalisations : la loi de la jungle
  • 29 – Supermarchés, alliés de votre pouvoir d’achat ?
  • 30 – Coupables, mais pas responsables
  • Épilogue – Petit guide de survie en magasin

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Consommateurs, c’est vous qui avez le pouvoir !

Après avoir passé plus de vingt ans à travailler pour de grandes entreprises du monde de l’agroalimentaire très connues, l’auteur brise le silence, dénonce les excès du capitalisme et balance la face cachée des méthodes peu scrupuleuses de ces grands groupes, pris dans la spirale d’une course effrénée aux bénéfices.

“L’entreprise n’est pas un service social de l’État. Sa finalité n’est pas le bien-être de ses salariés ni la satisfaction du client, mais le profit, ou encore la marge.”

Briser le silence sur les pratiques de l’industrie agroalimentaire

Son but :

  • Que les associations de consommateurs et l’industrie s’engagent sur des normes de qualité.
  • Se battre pour l’interdiction totale de molécules artificielles dans la nourriture.
  • Que l’intérêt des consommateurs prévale sur toute autre considération.
  • Que les pouvoirs publics ne passent plus sous silence les scandales alimentaires pour de mauvaises raisons économiques.
  • Que de réels efforts soient fait pour mieux informer, éduquer, protéger et donner confiance aux consommateurs.
  • Que les enquêtes se fassent avec des moyens suffisants.
  • Que les responsabilités soient établies.
  • Que la lutte contre la fraude alimentaire soit sous la responsabilité d’une seule autorité compétente spécialisée.

⇒ Préparez vous à ne plus jamais faire vos achats de la même manière après avoir découvert l’envers du décor

Briser le silence sur les pratiques de l'industrie agroalimentaire

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L’envers du décor

“Soyons directs, ce qui intéresse les industriels, c’est votre argent. Pas votre bonheur ni votre santé !”

Beaucoup d’entre nous se souviennent de l’affaire de la viande de cheval dans les lasagnes au bœuf d’une grande marque très connue. Peu se doutent que l’on trouve le même genre de choses – voire pire – dans les rayons. En voici quelques exemples.

En ce qui concerne les “spécialités” de nos régions, on trouve des produits avec des origines plutôt surprenantes :

  • Des cèpes de Bordeaux en provenance directe de Chine
  • Des escargots de Bourgogne qui viennent de Lituanie
  • Des herbes de Provence importées d’Albanie
  • De la moutarde de Dijon fabriquée en Hollande avec des graines venues d‘Australie
  • Du cassoulet dont les manchons de poulet viennent du Brésil
  • De la truffe noire du Périgord qui est importée de Chine

"Produire toujours plus pour toujours moins cher."

“Produire toujours plus pour toujours moins cher.”

Quand ce ne sont pas les boîtes de thé, les pots de yaourt ou les paquets de biscuits qui bizarrement, perdent quelques grammes. Tandis que le prix lui, ne bouge pas.

Quand les techniques de fabrication tiennent du miracle

Concernant les techniques de fabrication, les industriels ne sont pas non plus à court d’idées. La R&D (“recherche & développement”) peut faire des miracles. Et cela, à grand renforts d’additifs. Et le choix est vaste, car plus de 300 sont autorisés en France. Que ce soit pour la couleur, le goût, la bonne conservation, la texture, les calories, pour éviter que ça colle, pour que ça brille, que croustille ou que ça gonfle…

“Fabriquer un produit alimentaire c’est avant tout de la technologie, c’est un process industriel comme un autre. Nous avons besoin d’ingénieurs et de techniciens, comme dans une raffinerie ou une centrale électrique.”

Et quand ce ne sont pas des additifs, on rajoute des “auxiliaires technologiques”. C’est une catégorie d’additifs dont la mention sur la liste des ingrédients utilisés, n’est pas obligatoire. De plus, il n’existe pas d’harmonisation européenne pour ces “auxiliaires”.

En ce qui concerne les colorants, ils sont partout. Leur rôle ? Masquer les défauts ou rendre joli un produit de mauvaise qualité.

Ils peuvent également faire appel aux texturants, aux stabilisateurs et autres conservateurs, sans oublier les arômes pour tenter de rendre présentable des produits créés avec des matières premières d’une qualité plus que discutable

“Dans les usines agroalimentaires, on ne trouve que des ouvriers concentrés sur leurs machines. Pas de cuisiniers en toques blanches […] tout se passe dans des cuves fermées ou des tuyaux en inox.”

Quand les techniques de fabrication tiennent du miracle

Ainsi, on peut trouver dans les rayons :

  • Des fromages fondus réalisés à partir d’une bouillie à la composition incertaine et bourrés d’additifs
  • Du jambon gonflé aux polyphosphates et aux protéines de sang, le tout saupoudré d’un peu de gélifiant

Enfin, un dernier exemple mais pas des moindres, illustrant la supercherie dont nous consommateurs sommes victimes, est la confiture de fraises… sans fraisesLa recette ? Sirop de fructose, glucose, eau, jus concentré, akènes de fraises (petites graines de fraise), pectine. Magique, n’est-ce pas ?… ou affligeant, c’est comme vous voulez.

Le marketing agroalimentaire : des stratégies abusives

Côté marketing, l’imagination est à l’honneur. En effet, quand il faut vendre un produit de qualité très moyenne, mieux vaut soigner sa présentation.

Règle numéro un : que tout le monde croit ce qui est écrit sur l’emballage.

“Méfiez-vous des packagings pompeux, des noms inventés pour la cause, des formules qui ne veulent rien dire, des couleurs criardes, des images appétissantes, des matières faussement naturelles ou artisanales, tout cela n’est que de la poudre aux yeux. Seul le produit compte.”

Toutes les allégations nutritionnelles et de santé les plus alléchantes sont de mise. C’est comme cela que l’on découvre qu’une grande marque bien connue de sucettes, affiche sur ses sachets “0 % de matières grasse” !

les allégations nutritionnelles et de santé

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**** NDLR : il existe également une gamme de sucettes Chupa Chups (les fameuses), dont je trouve le nom plutôt choquant, puisqu’il s’agit de “Good for you“. Et je ne vous parle pas du packaging qui vante les qualités nutritionnelles de ces “gourmandises” avec force mentions telles que :

  • “sans sucres”
  • “aux couleurs d’origine naturelle”
  • “sans gluten”
  • “sans lactose”
  • “avec fibres”
  • “avec vitamine C”

Si le paquet avait été plus grand, ils en auraient trouvé encore plus, sûrement… ! Je vous laisse vous faire votre propre idée et n’hésitez pas à me dire commentaires ce que vous en pensez.****

Bref, revenons à nos moutons.

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En clair, il s’agit de se méfier des noms trop pompeux, des mots inventés, des formules qui ne veulent rien dire, des images appétissantes photographiées en gros sur les paquets…

La chasse au gaspillage, version industrielle

Pour ce qui est de la chasse au gaspillage, on serait tenté de dire, au premier abord, que c’est une démarche plutôt positive de la part des industriels. Or, il faut bien comprendre que derrière ces mots se cachent en réalité des raisons plus fallacieuses. Dans le domaine de l’industrie agroalimentaire, il faut faire feu de tout bois. Pas question de perdre de l’argent. Et tous les moyens sont bons.

“Tout ce qui n’est pas utilisé dans le produit, c’est de l’argent perdu […] Vous seriez surpris de l’ingéniosité déployée pour utiliser les restes (je suis poli) à disposition, le terme employé est “valoriser les sous-produits.”

Vous pensez que les fruits et légumes abîmés ou avec des défauts sont mis de côté et jetés. Que nenni ! Après avoir broyé le tout et ajouté des conservateurs tels que le sorbate de potassium, ils finissent en compotes, coulis et autres purées.

Autre technique sournoise pour éviter les pertes de produits dont la DLUO approche à grands pas : Apposer cette fameuse DLUO sur le bouchon ! Au cas où les produits seraient restés un peu trop longtemps en rayon, il suffit simplement de changer ces bouchons et c’est reparti pour un tour !

Et quand c’est tout le produit lui-même qui est infesté de crottes de rats, comme le piment qu’avait acheté l’auteur aux Indiens, il n’a pas eu d’autre choix que de broyer l’ensemble pour faire passer la pilule et éviter de perdre 80 000 euros. Le piment séché en brisures s’est alors transformé en piment en poudre.

Le piment séché en brisures infesté de crottes s'est alors transformé en piment en poudre.

Dans un autre style, si vous aimez préparer votre pizza “maison” avec du coulis de tomates, vous allez la regarder d’un autre œil dorénavant… Vous ne vous doutez certainement pas que les tomates utilisées pour réaliser ce coulis viennent en fait de Chine, en plus particulièrement de la région de Xinjiang, qui produit plus de 5 millions de tonnes de tomates par an, et qui sont destinées à la transformation et à l’export.

“Transformé en France” ne veut pas dire “Origine française”.

Leur conditions de fabrication et de stockage sont telles qu’il n’est pas rare que la marchandise reçue soit pourrie.

Épilogue – Petit guide de survie en magasin

Épilogue – Petit guide de survie en magasin

“Alors, comment fait-on pour survivre dans la jungle des linéaires ?”

Place à la pratique ! Voici 10 conseils pour vous guider dans les rayons des supermarchés :

  1. Surveiller les origines
  2. Éviter les premiers prix
  3. Privilégier les grandes marques
  4. Éviter les poudres et purées
  5. Contrôler la liste des ingrédients. Sont à éviter : 
    • Huiles hydrogénées
    • Colorants chimiques (famille d’additifs E100)
    • Les conservateurs chimiques (E200)
    • L’aluminium sous toutes ses formes, utilisé comme colorant (E173) ou comme épaississant (de E520 à 523)
    • Le glutamate monosodique et dérivés (de E620 à E625)
    • Les édulcorants intenses comme l’aspartame et cyclamate (E951 et 952)
    • Tous les produits épuisés, comme les gousses de vanille qui contiennent des traces de solvants organiques cancérigènes.
  6. Vérifier les emballages
  7. Contrôler les dates limites
  8. Se méfier des labels
  9. Vérifier les étiquetages
  10. Faire de son pire ennemi son meilleur allié : savoir pour comprendre et faire les bons choix

À nous de jouer !

“Vous avez un pouvoir plus grand que vous ne l’imaginez. C’est votre argent qui intéresse les industriels et les grandes surfaces, donnez-le à ceux qui font de la qualité et l’on vous proposera davantage de qualité.”

⇒ Et n’oubliez pas :

“On est ce que l’on mange.”

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Le sujet des techniques de l’industrie agroalimentaire vous intéresse ?

Vous souhaitez en savoir plus ?

Une interview de Christophe Brusset, datant de Novembre 2015 :

Une autre interview de Christophe Brusset, datant de Mars 2018:

⇒ Le livre est disponible ici

"Vous êtes fous d'avaler ça" - Christophe Brusset
“Vous êtes fous d’avaler ça” – Christophe Brusset

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